La bibliothèque Sipar : un lieu de ressources pour les détenus mineurs
Dans la province de Kandal, un premier centre de réhabilitation pour mineurs a été ouvert il y a un an. Cette structure unique au Cambodge a été créée pour offrir une alternative aux prisons traditionnelles. Jusqu’alors, les jeunes détenus étaient incarcérés avec les adultes, dans des conditions peu adaptées à leur âge et à leurs besoins. Désormais, des adolescents et jeunes adultes de 15 à 24 ans peuvent purger leur peine dans un environnement pensé pour préparer leur avenir. Sipar y a installé une bibliothèque, qui accompagne chaque jour les détenus.
Une approche centrée sur la réinsertion
Les détenus accueillis dans ce centre ont été condamnés à des peines allant de deux à dix ans, principalement pour trafic de drogue. La majorité d’entre eux est encore mineure. Contrairement aux établissements pénitentiaires classiques, où l’accompagnement éducatif reste limité, tout a été conçu ici pour encourager la responsabilisation et l’apprentissage. Les conditions de détention ont été repensées afin de favoriser une véritable réinsertion sociale et professionnelle à leur sortie de prison.
Apprendre pour se reconstruire
De nombreuses activités sont proposées aux jeunes du centre. Des formations en agriculture et en mécanique sont organisées, ainsi que des cours de rattrapage scolaire et d’anglais. Les efforts fournis par les détenus sont valorisés : une implication régulière peut permettre l’obtention de remises de peine, parfois jusqu’à neuf mois.
La bibliothèque Sipar, un espace de ressources
Au cœur du centre, la bibliothèque et l’espace multimédia installés par Sipar occupent une place essentielle. Ce lieu est devenu un véritable pôle d’apprentissage et d’échanges. Les jeunes peuvent y lire sur place, emprunter des livres pour leurs cellules et participer à des activités éducatives. Le programme BEEP, qui permet d’obtenir une équivalence du niveau collège, y est également déployé. Grâce à ces outils, les journées sont rythmées par l’éducation et la sociabilisation.
Des résultats encourageants
Depuis son ouverture, le centre de Kandal a démontré l’efficacité de ce modèle. Peu de violences ont été signalées et aucune tentative d’évasion n’a été enregistrée. Surtout, aucune récidive n’a été constatée parmi les jeunes déjà sortis. Ces résultats témoignent de l’importance d’un accompagnement adapté et humain. Comme le souligne son directeur, M. Phea Vannak : « Je les encourage à voir le centre comme un internat, où ils sont venus apprendre et servir la société ».
Un modèle à étendre au Cambodge
Face à ces avancées, la création de nouveaux centres pour mineurs a été inscrite parmi les priorités du gouvernement cambodgien. Quatre autres établissements sont prévus afin de répondre aux besoins croissants. La capacité du centre de Kandal, fixée à 1 200 personnes, devrait être atteinte dès le début de l’année 2026. Le développement de structures similaires sur l’ensemble du territoire permettra aux jeunes condamnés de rester proches de leurs familles, un élément déterminant pour leur reconstruction.
En soutenant ce centre et en y développant ses actions éducatives, Sipar contribue directement à offrir une seconde chance à des centaines de jeunes Cambodgiens. L’accès à la lecture, à l’éducation et à la formation reste l’un des leviers les plus puissants pour une réinsertion réussie.
